25 mai 2015

A Short History of Tractors in Ukrainian - Monica Lewycka

a short history of tractors in ukrainian

Quand leur père Nikolaï, veuf depuis peu, leur annonce qu'il compte se remarier avec Valentina, Vera et Nadezhda comprennent qu'il va leur falloir oublier leurs vieilles rivalités pour voler à son secours. Car Valentina a 50 ans de moins que lui, des ogives nucléaires en guise de poitrine, et un certain penchant pour les plats surgelés. Mais surtout, elle est prête à tout pour assouvir sa quête du luxe à l'occidentale.
Tandis que le vieil homme poursuit son grand oeuvre - l'"histoire du tracteur" -, une bataille épique commence...

Editions Penguin Books - 325 pages

Avec deux de mes collègues, nous avons mis en place un système d'échanges de livres bimestriel : chacun d'entre nous fait lire à l'autre un livre qu'il aime particulièrement, et on est obligé de jouer le jeu. A collègue01, j'ai prêté le premier tome d'Angélique et il a cru que c'était une blague. Mais finalement, il a beaucoup aimé. A collègue02, j'ai prêté Battle Royale. Jusque là, ça lui plait beaucoup.

Collègue01 m'a prêté La Proie pour Londres (que je dois encore chroniquer, même si je ne sais pas trop quoi dire à part : beurk) et collègue02 m'a donc prêté A Short History of Tractors in Ukrainian.

Je voulais une histoire un peu drôle, et effectivement, les différents commentaires des différents journaux étaient plutôt encourageants. Et puis collègue02 (rah, j'aime pas l'appeler comme ça, mais en attendant de lui trouver un petit nom qui correspond mieux^^) m'a assuré que c'était très drôle et bon en général on rigole sur les mêmes choses donc...

Sauf que.

Je n'ai pas ri une seule seconde. Je n'ai même pas souri une seule seconde. Pas que ce roman soit mauvais (ni qu'il soit excellent attention hein), mais le vendre comme hilarant (d'après le Daily Telegraph) alors qu'il n'y a aucun élément comique à mes yeux, c'est dommage.

En fait, ce qui était censé (je suppose) me faire rire m'a plutôt mise mal à l'aise. J'ai eu pitié pour Nikolai (parfois), j'ai trouvé les soeurs ultra irritables, je ne comprends pas qu'aucun d'eux (les soeurs ou le mari) n'aient pas pensé à changer les serrures de la maison, et Valentina est juste complètement méprisable.

Où aurais-je dû rire ? à l'énonciation de l'abus domestique dont est victime le petit vieux ? A la description peu flatteuse et franchement anti-féministe de Valentina ? A la lecture de sa longue liste d'amants transis ? Au récit du passé pas franchement joyeux de la famille ?

Nope.

Je ne dis pas, c'est bien écrit, ça se lit très bien, mais finalement, ce n'est pas très intéressant.

Une lecture que j'aurai vite oubliée.


 

ABC2015

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22 mai 2015

Ring, l'intégrale - Koji Suzuki

ring

"Ceux qui regardent ces images sont condamnés à mourir dans une semaine..."
Kazayuki Asakawa sait que ces mots qui défilent à l'écran sont vrais. Il sait que les quatre adolescents qui ont regardé cette vidéo avant lui sont morts, même si cela paraît impossible...
Aussi impossible que ce bout de papier que Mitsuo Ando trouve dans le corps de son ami Ryuji, en pratiquant son autopsie. Un papier portant un message énigmatique : "Ring".
Aussi impossible que cette nouvelle forme contagieuse de cancer qui ne frappe que des informaticiens de haut niveau...

Editions Pocket - 1042p.

Le film d'Hideo Nakata fait partie de mon Top 3 de films préférés. C'est exactement le type de films d'horreur que j'aime : pas de sang, tout est psychologique, et c'est absolument terrifiant. La première fois que je l'ai vu, il était 8h du matin, il faisait jour, et pourtant, j'ai eu peur de ma télé pendant une bonne semaine (chez mes parents, il n'y a pas de toilettes à l'étage, et je suis malheureusement sujette aux pipis nocturnes. Le truc, c'est que quand on descend, on a une vue directe sur la télé... Vous pouvez imaginer à quel point j'étais morte de trouille. La descente allait encore, parce que je ne quittais pas l'écran des yeux. La remontée, en revance, la télé dans le dos... J'ai appris à remonter les escaliers très très vite cette semaine-là...).

Je voulais lire le livre depuis un moment déjà, et je l'ai finalement acheté l'été dernier, et entamé vendredi dernier. (1 semaine pour lire 1000 pages, alors que ces derniers mois, je mettais 3 semaines pour en lire 300, je suis contente de voir que je reprends un rythme correct !)

Sur la 4e de couverture, il est indiqué que ce livre (ces 3 livres en fait) entrent dans la catégorie thriller. J'étais déçue, car je voulais frissonner comme je peux le faire à chaque fois que je regarde le film. Si effectivement les 2 premiers entrent dans cette catégorie, je ne dirais pas la même chose pour le 3e.

RING

Les différences avec le film sont nombreuses, mais je ne souhaite pas faire une étude comparée. Nous voici donc dans un thriller somme toute classique, avec une course contre la montre assez efficace ; Asakawa, journaliste, a le flair pour repérer les scoops. Alors quand le hasard le met sur la route de morts mystérieuses (dont celle de sa nièce par alliance), il n'hésite pas. Malheureusement, ce faisant, il met sa vie en danger, et a une semaine pour se sauver.

Le suspense fonctionne bien, l'enquête est intéressante. Mais le défaut principal réside dans les personnages : entre Asakawa qui traite sa femme comme un objet (on se croirait revenu dans les années 50... bonjour le mythe de la femme au foyer esclave de son mari) et Takayama qui prétend violer des femmes parce qu'il s'ennuie, on est gâté. Du coup, si l'enquête est intéressante, on finit quand même par se demander pourquoi ces personnages devraient être épargnés.

C'est bien un thriller, et non de l'épouvante (hélas) et ça nuit un peu au livre. Et toutes les parties un poil scientifiques sont vite indigestes, mais heureusement, dans ce livre, elles sont assez rares.

DOUBLE HELICE

On reprend quasiment l'histoire là où elle s'est arrêtée, mais avec d'autres personnages, pour le coup un peu plus humains. J'ai là aussi trouvé l'enquête intéressante, mais les détails scientifiques indigestes étaient bien trop nombreux cette fois, ce qui fait que j'ai sauté pas mal de passages, de peur de mourir d'ennui.

Néanmoins, l'atmosphère est assez pesante et le livre remplit bien son office.

LA BOUCLE

C'est assez déroutant, après plus de 600 pages passées autour du virus Ring, de ne plus en entendre parler pendant un moment, de ne plus lire ne serait-ce qu'une mention des personnages que l'on a suivis pendant ce temps et de devoir découvrir une "autre" histoire. Le lien revient, mais finalement assez tard, et d'une façon qui me fait dire que ce livre-là, je l'aurais plutôt rangé dans la catégorie SF que véritablement en thriller. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler, mais c'est mon opinion.

Et pour le coup, les détails scientifiques indigestes composent la majeure partie du livre, et j'ai donc trouvé cette troisième partie d'intégrale difficile à lire et sans intérêt. Pour la fin, je dirais "bien joué", mais ça vient beaucoup trop tard et presque comme un cheveu sur la soupe. Dommage.

En attendant, je vais me refaire le film, moi !


ABC2015

 

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13 mai 2015

Nous, les chats - Claude Habib

nous les chats

Ce livre est l'autobiographie d'un chat. C'est aussi un passeport pour entrer dans l'âme féline, au risque de perdre quelques illusions. Il ne faut pas croire que tous les chats nous aiment. Ce n'est pas le cas.
L'animal qui parle est furieux. Persuadé qu'il va mourir, il est fâché contre le monde. C'est un effet de sa nature : le propre de l'espèce est la félicité, felix felis. Le malheur d'un chat est une injustice, et le malheur crie vengeance.
Sa vie repasse en accéléré. Il a connu des hauts et des bas. Il se reporte à sa jeunesse, au bonheur de sentir, à la vie dans les bois. Et toujours la rancune se mêle au souvenir des joies, la rage à la réflexion.
L'obsession de ce chat, c'est l'homme : souvent son ennemi, parfois sa dupe, jamais son maître. A cet usurpateur, il pose des questions de fond :
Qui doit dominer, de l'homme ou du chat ?
Au nom de quoi subir les lois des hommes ?
Qui est le domestique de qui ?

On dit du chien qu'il est le meilleur ami de l'homme. Le héros de Claude Habib lui abandonne ce privilège : sans façon.

Editions de Fallois, 124p

C'est mon père qui m'a offert ce livre : on parlait des chats (et particulièrement de la mienne qui est un amouuuuuuuuuuuur, que j'adore et qui me le rend bien) et mon père, qui roule beaucoup et écoute toujours la radio, m'a parlé de ce livre où l'auteur (c'est une femme mais je n'arrive pas à écrire auteure) expliquait que non, les chats ne sont pas affectueux et qu'ils n'en ont rien à faire de leur "maître".

Il se trouve qu'il pensait que c'était un essai et qu'en fait il s'agit d'un court roman, d'une autobiographie d'un chat qui n'a jamais été domestiqué. Un de ces chats errants qu'on arrive pas à approcher, vous voyez ?

Eh bien j'ai beaucoup aimé ce petit roman. Je l'ai trouvé très joliment écrit, très poétique et en même temps très terre à terre. Le chat-narrateur est fier, un peu cabotin, et somme toute adorable.

Je n'ai pas forcément aimé tous les passages (ceux sur la sexualité du chat m'ont un peu dérangée, pas parce qu'il s'agit de sexualité, évidemment, mais parce qu'en tant que maman-chat, ça me paraît violent pour mes bestioles préférées) mais l'ensemble m'a beaucoup plu.

Mais je persiste et signe : mon meilleur ami, c'est pas le chien, c'est le chat !


 

ABC2015

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Partials, tome 1 - Dan Wells

partials t1

Un virus. La guerre contre les Partials – ces êtres mi-humains, mi-robots – a décimé la population. Seuls quelques milliers retranchés à Long Island ont survécu. Et le virus mystérieux – le RM – les tue petit à petit. Chaque nouveau-né vit moins d’une journée si ce n’est quelques minutes. La race humaine s’éteint inexorablement et aucun médecin n’a de remède. Un espoir. Dans cette atmosphère désespérée, Kira, jeune interne en médecine, a une nouvelle hypothèse. Pourquoi les Partials sont-ils naturellement immunisés contre le RM ? Et si la solution venait de l’ennemi juré lui-même ? Une héroïne. Kira se lance alors dans une expédition au risque de devenir une hors-la-loi. Infiltrer les Partials, en capturer un et le ramener à long Island pour l’étudier et peut-être, trouver un antidote. Mais le pari est risqué : soit elle réussit et sauve l’humanité, soit elle échoue et sera considérée comme une terroriste par son propre gouvernement. À moins que ce soient les Partials eux-mêmes qui ne la tuent…

Editions France Loisirs - 522p.

A chaque fois, je me fais avoir : je vais dans le rayon YA, je lis les 4e de couv, je suis séduite par le postulat de base et... patatras. Là, c'est moins pire que pour d'autres livres du même genre, mais quand même, il y a une mini déception.

La première grosse différence, c'est que pour une fois, ce n'est pas une narration à la 1e personne. Et ça, ça repose. Et puis, même si c'est une fille, que c'est une ado, elle n'est pas centrée autour de son physique, de son charme (ou absence de charme) comme tant d'autres. Et ça aussi, ça fait du bien. Merci à l'auteur de ne pas décrire un cliché. Malgré tout, l'héroïne (et les autres personnages), manquent de profondeur, de caractère. En gros, il y a 3 personnages dans ce bouquin : les personnages féminins gentils, les personnages masculins gentils, et les méchants. Que des stéréotypes, aucun n'est véritablement différenciable des autres. Alors forcément, ça lasse vite.

Et puis, j'ai identifié ce qui ne me plaît pas : la plupart du temps, je suis plus intéressée par les causes de la situation, par la situation en elle-même que par la résolution. J'aime les univers dystopiques, et justement, j'aimerais lire des histoires de gens qui y vivent, pas forcément des gens qui essayent de le combattre. C'est ce qui m'a plu dans The Giver, c'est que finalement, il n'y a pas de changement de la société. Petit à petit on en découvre un peu plus, sur ce qui est différent entre leur société et la nôtre, sur le fonctionnement, on a le temps de s'y attacher (même si attacher n'est pas le mot), on a le temps de s'imprégner de l'atmosphère, de ce que c'est d'y vivre. Comme dans Meto, ou Nox. Alors que dans les livres comme Divergent, The Hunger Games ou Le Dernier jardin, on est catapulté dans cet univers, et on a pas le temps d'en saisir les clés, l'essence, que déjà il faut le détruire, le renverser (et ce, toujours par des scènes de combat interminables... et comme j'ai horreur des scènes de combat, bataille.... ben ça me soûle);

Et donc pour revenir à Partials, ce défaut est malheureusement présent. Et j'ai envie de dire : fuck that. Dès le début, il y a lutte. Dès le début, il y a conflit. Et bon, j'en ai marre.

Alors oui, ça se lit bien, c'est assez bien écrit, mais ça ne captive pas. J'ai laissé passer un certain temps entre chaque session de lecture et ça ne m'a pas manqué, au contraire : je n'avais pas forcément envie de le reprendre.

Si vous aimez ce genre, je pense qu'il est très bien. Mais ce n'est pas pour moi.


 

ABC2015

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