Si vous, chers lecteurs, venez encore par ici, vous avez certainement remarqué que je n'ai pas blogué depuis un moment. Plus de 6 mois en fait.

L'envie de lire s'est envolée pendant un temps. Et comme c'était la majeure partie du blog... Petit à petit j'avais suprimé les challenges, mais la lecture qui est un des plaisirs les plus importants de ma vie, était devenue une obligation. Obligation de faire la liste de ce que je lis. Obligation de lire un certain nombre de livres dans l'année. Obligation de faire un post pour chaque livre lu.

Et puis, depuis un an, je souffre de dépression. Ce qui, pendant un moment, le temps que les médicaments fassent leur effet, a fait que je n'arrivais pas à me concentrer. Et puis je n'arrivais pas à trouver un livre qui me plaisait. J'en ai comencé plusieurs, sans aller au-delà de quelques pages. Toujours la même histoire, toujours la même écriture sans saveur. Trop de livres sont écrits sur le même modèle, c'est affligeant.

Dépression donc.

Un an que je prends les médicaments, et depuis moins d'un mois, ma psy a baissé la dose. Sauf que du coup, les symptômes du début reviennent. Irritabilité, fatigue, perte d'envie... La totale. Je vis dans un état permanent de tristesse, d'abattement et de questionnement. Sans parler de la pris de poids. 20 kilos depuis que je suis rentrée en Bretagne. Ce qui bien entendu me rend plus triste et plus abattue.

Ce qui m'amène à me poser plein de questions sur la pertinence de mon choix. J'ai détesté l'Ardèche et je crois que je ne me suis jamais sentie aussi seule de toute ma vie, mais physiquement, je l'étais. Moralement, j'avais du soutien. Et tout le temps du monde pour travailler sur moi-même. Au final, je me sentais mieux à cete époque.

Aujourd'hui, je suis VRAIMENT heureuse d'être ici, mais c'est tout le reste qui ne va pas. Le soutien que j'avais moralement, je ne l'ai pas physiquement (alors que les gens sont à 5 minutes). Je ne me suis jamais sentie aussi seule de toute ma vie. Je vois des gens, je suis occupée pratiquement tous les weekends, mais ce qu'on dit est vrai : tu peux être entourée de plein de monde et te sentir comme si tu étais seule au monde. La localisation géographique est parfaite, le boulot est parfait, mais tout le reste...

1 de mes amies et 2 de mes collègues souffrent aussi de dépression. Mais ce qui pourrait nous rapprocher nous éloigne en fait. Chacune fait de son mieux avec ses problèmes, ses émotions, mais ça prend toute notre énergie, et il ne nous en reste pas vraiment pour compatir. Et puis j'avoue que si rationnellement je comprends les raisons de chacune (et que de toutes façons, la dépression est une maladie, pas simplement un état d'esprit), je n'arrive pas à m'identifier. L'autre jour, ma collègue m'expliquait qu'elle avait du mal à dormir. Quand je lui ai demandé s'il y avait une raison particulière elle m'a dit "J'ai passé 7 ans avec qq'un et je suis divorcée, à 28 ans. Alors, d'après toi ?". Et c'est là que j'ai réalisé que tout ça, c'était vraiment personnel. De mon point de vue, un an après ce divorce, ce serait plutôt une libération, d'être débarrassée d'une relation pourrie. Mais je ne suis pas dans sa tête, et je ne peux pas me permettre de juger. Ce que je vis semble ridicule à beaucoup de personnes (et c'est une des raisons pour lesquelles je n'en parle plus).

Pour essayer d'enrayer la solitude, j'ai testé des sites de rencontre. Quelle belle erreur ! Pendant un mois, j'ai discuté, discuté et rencontré. Pour être déçue, encore et encore. Ca n'a servi à rien, si ce n'est à ébrécher encore mon image de moi.

Bref, voilà la situation ici. Ce n'est pas très brillant. Du coup, je vais reprendre à bloguer, mais il se peut que le contenu change un peu de ce dont vous avez l'habitude. Plus de moi, moins de livres.