24 août 2015

Feuilles d'automne - Adeline Yen Mah

Feuilles d'automne[Titre original : Falling Leaves]

Shanghai, dans les années 30, est encore une cité coloniale, prospère et animée. C'est là que les époux Yen, fuyant l'avancée des troupes japonaises, ont choisi de s'établir avec leurs quatre enfants. Là que l'entreprise familiale prend l'essor qui fera de M. Yen l'un des industriels les plus riches de Chine. Soudain, en 1937, Mme Yen meurt, quelques jours après avoir donné naissance à une petite fille : Adeline. Le chagrin de son père est de courte durée : il se remarie à une séduisante franco-chinoise, Niang, femme futile et vaniteuse, avide de mondanités, qui ne cache pas son mépris pour les enfants nés du premier lit. Mais c'est à Adeline, considérée comme responsable de la mort de sa mère, que Niang réserve les trésors de sa cruauté. Adeline, qui devient le bouc émissaire de toute la famille. En 1947, redoutant le péril communiste, la famille Yen s'exile à Hong-Kong. Adeline ne fait pas partie du voyage. Placée dans un orphelinat, elle est privée de visites et de courrier. C'est dans cette prison, pourtant, qu'elle va découvrir la clé de son existence : les livres...

Editions L'Archipel - 300 pages

J'ai lu l'année dernière pour mon ABC Jun-Ling : une enfance chinoise, qui se concentre donc, comme son nom l'indique, sur l'enfance d'Adeline.

Feuilles d'automne reprend le récit depuis le début (et je me suis demandée si ce n'était pas le même ouvrage sous un titre différent), mais de façon un tout petit peu plus condensée pour ensuite continuer le récit jusqu'après la mort de Nyang, sa belle-mère.

Si j'ai retrouvé ce que j'avais aimé dans l'autre livre (une description de la vie d'une famille chinoise aisée sous la coupe d'une femme extrèmement difficile à une époque où la Chine est en pleins changements), je suis aussi déçue. C'est une autobiographie donc il est difficile de parler de personnages, mais la façon dont Adeline se présente me déplait. Je me doute que vivre en tant que dernière fille dans une famille traditionnelle chinoise à cette époque n'a pas dû être simple. Mais cette auto-victimisation systématique est franchement pénible. Pourquoi Adeline rentre-t'elle en Chine alors qu'elle sait pertinemment qu'elle n'y est pas aimée et qu'elle sera mal traitée ? Pourquoi, à partir du moment où elle est mariée et heureuse, aisée, ne coupe-t'elle pas les ponts ? Pourquoi accepte-t'elle, encore et toujours, de servir de carpette à tout le monde ? Comment peut-elle faire awutant confiance à son frère James alors que depuis le début il est aussi fourbe que les autres ?

Trop de questions qui restent sans réponse valable et qui m'ont gâché ma lecture. Ce qui est acceptable d'un enfant sans défense ne l'est pas d'une adulte en pleine possession de ses moyens.


 

ABC2015

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05 août 2015

L'Enfant sourira peut-être - Anna Quindlen

L'enfant sourira peut-être

Mme Blessing, quatre-vingts printemps, vit seule parmi ses souvenirs dans son immense propriété. Éternelle insatisfaite, d'un caractère volontiers grognon, elle ne tolère que la présence de Skip, son homme à tout faire, jeune délinquant repenti. Quand ce dernier trouve devant la porte un bébé abandonné, il redoute la réaction de son austère patronne. Contre toute attente, Mme Blessing se prend d'affection pour la petite, rebaptisée Faith, et semble trouver une seconde jeunesse.

Unis par ce secret, l'octogénaire et le jeune homme nouent de nouveaux liens, subtil mélange d'amitié et de respect. Mais l'arrivée de cet enfant force la digne Mme Blessing à s'interroger sur sa vie. Une vie tragique, jalonnée de secrets, de drames, de non-dits, dont elle n'a pas fini de payer le prix fort...

Editions Belfond - 338 pages

Après ma courte période 1 jour / 1 livre et surtout après le coup de coeur de iBoy, j'ai eu du mal, comme souvent, à me plonger dans ma nouvelle lecture. D'autant plus que c'était une lecture prise totalement au hasard : je ne connaissais pas l'auteur, je n'avais jamais entendu parler du bouquin, la couverture ne m'attirait pas particulièrement, et je l'ai simplement choisi parce que c'était le seul Q qui m'attirait un tant soit peu à la médiathèque (même si j'ai bien aimé mes deux livres de Michel Quint les années précédentes, j'avais envie de découvrir quelqu'un d'autre). De plus, le premier chapitre permet d'entrer tout de suite en contact avec une narration qui m'a semblée confuse, parce que mêlant plusieurs personnages et plusieurs époques à travers des réminiscences et du savoir commun (Mme Blessing faisant partie de l'histoire de la commune présentée dans ce roman) et du coup, ça ne m'a pas donné envie. Mais j'ai persévéré et j'ai bien fait, car voici mon 2e coup de coeur de 2015.

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L'écriture, donc, puisque j'ai commencé par ça. Il s'agit d'une narration à la troisième personne. Oui mais voilà, les personnages (et surtout Mme Blessing donc, ce qui n'est guère étonnant vu son grand âge et son histoire personnelle) ont la fâcheuse tendance de se laisser emporter dans leurs pensées et leurs souvenirs, ce qui fait que parfois, sans transition ni indication, nous passons du moment présent à un souvenir, puis revenons sans plus de manières. C'est assez déroutant au début, mais vu que c'est très bien mené, c'est très agréable. De plus, l'auteur sait camper une atmosphère (ça se dit, ça camper ue atmosphère ? planter une atmosphère ? établir ? enfin bref, vous me comprenez) : il y a un charme suranné, très plaisant tout au long du livre. Mme Blessing est d'une autre époque et elle l'imprime à son domaine et aux gens qui l'entourent. Et en même temps, elle se laisse petit à petit séduire par le moment présent, l'arrivée de la Vie dans sa vie tranquille, ordonnée et franchement terne.

Autour d'elle, quelques personnages : Nadine, sa domestique ; Jennifer, la fille de cette dernière ; et Skip, le petit moins-que-rien qui cherche à établir une vie posée, loin des clichés de la jeunesse de sa ville.

Mme Blessing et Skip m'ont particulièrement touchée pour des raisons bien différentes. L'histoire de la première est finalement assez tragique, de cette tragédie ordinaire qui touche tant de gens. Elle a tout perdu, à part son argent. Skip, lui, est un homme bon. Refusant la fatalité qui dit qu'il sera un bon à rien toute sa vie, il reçoit un magnifique cadeau quand il décide de s'occuper du bébé abandonné devant sa porte. J'ai aimé sa façon de se l'approprier, de s'occuper d'elle, son amour inconditionnel pour elle.

Bien que la fin puisse paraître décevante, je l'ai trouvée très juste et du coup, je la trouve belle. Douce amère, mais belle. Et tout à fait réaliste.

L'auteur nous dépeint un moment de vie, simple, dur mais beau et surtout très réel.


 

ABC2015

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02 août 2015

iBoy - Kevin Brooks

iBoy

La vie de Tom Harvey bascule du jour au lendemain, lorsqu’un iPhone lui tombe sur le crâne du haut d’un immeuble et le plonge dans le coma. En se réveillant, il découvre avec stupeur que des morceaux de l’appareil sont restés incrustés dans son cerveau et lui permettent d’intercepter des connexions Internet et téléphoniques. Ce « iPouvoir » inclut aussi un champ de force électrique, sorte d’armure « iPeau », et la capacité de délivrer des électrochocs paralysants. Lorsque Tom apprend que son amie Lucy a été agressée par plusieurs membres du gang des « Corbeaux », qui terrorise toute la Cité, il décide d’agir. Pour punir les agresseurs et combattre cette bande sans pitié, Tom va utiliser ses pouvoirs. Mais pour cela, il doit gérer les deux personnalités qui sont en lui : « Tom », le garçon sain et bienveillant et « iBoy », le super héros aux désirs de pouvoirs implacables. Tom sera-t-il capable de cohabiter avec l’ego impitoyable de l’iBoy ? Réussira-t il à trouver l’équilibre entre faire le bien et faire justice soi-même ? Ce duel moral accompagnera notre héros tout au long de ces aventures. La lente éclosion des sentiments entre Tom et Lucy dans un contexte violent et inhospitalier, l’intrusion du fantastique dans un monde ultra-contemporain, font d’iBoy un concept original et un cocktail détonnant.

Editions de la Martinière - 281 pages

Voilà un livre dont je n'attendais pas grand chose (et les premières lignes ont failli me faire penser que j'avais raison) et qu'est-ce que je me suis trompée ! En gros voici mon premier coup de coeur de 2015. Il était temps. (Même si j'ai apprécié certains livres, celui-là est le premier pour lequel je me dis wow cette année).

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Livre jeunesse donc, et je m'attendais à quelque chose d'édulcoré, de mignon et d'un peu fantastique (pas dans le sens génial mais dans le sens littéraire quoi). En fait, ça n'a rien d'édulcoré, ni de mignon. C'est même relativement violent et parfois à la limite du supportable. Et c'est tant mieux. Voilà un livre jeunesse qui ne prend pas les jeunes pour des cons.

J'ai tout aimé dans ce livre : le lieu de l'histoire (quelle bonne idée que ça se passe dans une cité en proie à une mini-guerre des gangs !), les personnages (la grand-mère en particulier me touche beaucoup), les péripéties ( [le viol] m'a beaucoup étonnée dans un livre comme celui-ci, mais je trouve ça bien d'aborder le sujet), la (les) morale(s), l'action...

Je l'ai lu d'une traite, et honnêtement, j'aurais pu lire le double de pages sans problèmes. Il ne me reste plus qu'à découvrir un autre livre de cet auteur bien surprenant.


 

ABC2015

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20 juillet 2015

Le Chat et moi - Nils Uddenberg

le chat et moi

Alors qu'il rentre de vacances, Nils découvre un petit chat gris et brun sur le toit de la cabane du jardin, un petit chat le fixant de ses grands yeux jaunes. D'où vient-il ? S'est-il perdu ? Jour après jour, Nils le revoit à la même place. Il met des affichettes dans le quartier ; contacte un refuge ; prévient la police... Rien. Personne ne recherche l'animal. De toute façon, il est trop tard, Nils s'est attaché à cette mignonne boule de poils. Petit à petit, le félin prend ses aises, s'aventure dans la maison... Et pourtant, Nils, psychiatre à la retraite, s'était juré qu'il ne s'encombrerait jamais d'un animal de compagnie. Une jolie histoire d'amour, racontée non sans ironie et autodérision, dans laquelle l'auteur analyse – déformation professionnelle oblige – la relation de l'animal avec l'homme.

Editions France Loisirs - 150 pages

L'heure de l'achat trimestriel a sonné. Et autant d'habitude je sais quoi acheter, autant là, j'avais zappé et ne m'étais penchée sur la question. Il ne m'a pas fallu longtemps pour choisir cependant : 2 minutes dans le magasin, une couverture rouge, une tête de chat... Bon ben voilà, j'ai trouvé.

Ce livre est étiqueté roman, mais ça ressemble beaucoup plus à un morceau d'autobiographie, et l'auteur lui-même dit que c'en est une... Enfin, de toutes façons, ça parle de chat, ça ne peut que me plaire.

Evidemment je suis tombée amoureuse de cette Minette. Finalement, l'auteur n'en parle pas tant que ça : en bon psychiatre, il analyse plutôt les rapports humain / chat en se basant sur ce qu'il observe dans le comportement de sa bestiole, et évoque aussi comment ses habitudes évoluent pour laisser place à cet animal. Il y a des inexactitudes sur des informations générales concernant les chats, mais ça reste intéressant et touchant.

Une petite lecture rapide qui n'est pas indispensable, mais qui plaira aux amoureux des chats.


 

ABC2015

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05 juillet 2015

Will Piper, tome 3 : Le livre des prophéties - Glenn Cooper

le livre des prophéties

Dans les catacombes d'un monastère de l'Île de Wight, des générations de scribes se livrent, inlassablement, depuis plus de cinq siècles, à une mystérieuse activité d'écriture. 700 000 manuscrits s'accumulent dans la bibliothèque... jusqu'à un matin de 1297, où tous les rédacteurs se donnent la mort.2009. Will Piper, un agent du FBI, découvre les manuscrits dans une base secrète du désert du Nevada, Area 51. Ceux-ci contiennent des prophéties d'un type très particulier, la dernière d'entre elles concernant le 9 février 2027, date de " La fin des jours ".2026. À l'horizon de la date fatidique, Will Piper va devoir faire toute la lumière sur les secrets des manuscrits. Quelle est leur origine ? Pourquoi ont-ils été gardés dans l'ombre si longtemps, et par qui ? Qu'est-il vraiment arrivé aux scribes qui les ont rédigés ? Enfin, que doit-il vraiment se passer le 9 février 2027 ?

Editions Pocket - 472p.

J'ai lu les 2 premiers tomes l'année dernière (ou il y a 2 ans ? le temps passe tellement vite, je ne sais plus) et j'avais plutôt bien aimé. Je ne savais même pas qu'il y avait un 3e tome jusqu'à ce que ma copine LittleMiss m'en parle et me le prête. Je l'ai lu très vite puisqu'en un jour c'était terminé.

J'y ai retrouvé tout ce que j'ai aimé dans les premiers tomes, mais aussi tout ce qui m'a agacée.

L"histoire est toujours aussi passionnante (enfin jusqu'à un certain point, car les derniers chapitres m'ont paru interminables, mais comme d'habitude quand il s'agit de batailles...). J'ai particulièrement aimé les retours dans le passé, et j'aurais presque préféré que l'histoire se passe tout le temps dans le passé. c'est toujours écrit de façon à ce qu'on ait pas envie de lâcher le bouquin, et j'apprécie cela.

Malheureusement, c'est au niveau du personnage principal que ça ne colle pas. Will m'exaspérait déjà par son côté macho misogyne dans les deux premiers tomes, mais là, c'est encore pire. Et en plus, ça s'étend aux autres personnages masculins. C'est à se demander si l'auteur lui-même ne fait pas partie de cette catégorie. Et alors autant ça passait quand même relativement bien de la part d'un mec d'une 40aine d'années (relativement bien, c'est-à-dire, j'avais envie de l'étriper mais c'est presque une norme), autant d'un gars de 60 balais bien tassés, j'ai trouvé ça ridicule. Et non, monsieur Cooper, ce n'est pas le fantasme de toutes les femmes du monde (bien entendu toutes trentenaires et toutes belles, cad d'après l'auteur, surtout pas ronde ou grosse, parce que ce serait le pire des défauts possibles) de se taper un vieux de 64 ans.

J'ai trouvé intéressant l'idée de faire migrer la bibliothèque mais 1/ j'aurais assez aimé voir la fin du monde et voir ce qu'il se serait passé et 2/ ça a été relativement mal mené dans le présent du récit.

Un tome sympa, avec une petite fin ouverte qui laisse l'opportunité d'une suite, mais s'il vous plaît, avec un autre protagoniste que Will, parce que ce sera ridicule sinon.


 

ABC2015

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Le Portrait du mal - Graham Masterton

le portrait du mal

Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l'oeuvre d'un certain Waldegrave, ami d'Oscar Wilde et passionné d'occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordélia Gray veut-elle à tout prix s'en emparer? Quel est le secret du portrait? Qui sont les douze personnages? Vincent Pearson, l'actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette œuvre démoniaque et une série de meurtres particulièrement abominables qui secouent depuis quelques mois la Nouvelle-Angleterre...

Editions Milady - 476 pages

C'est en lisant la chronique sur un des blogs que je suis (chez Riz-Deux-ZzZ) que je me suis laissée tenter par ce livre (ou plutôt par sa couverture).

Je n'ai malheureusement jamais lu Le Portrait de Dorian Gray et du coup j'ai l'impression d'avoir raté pas mal de choses dans ce livre. Peut-être que je l'aurais plus apprécié si j'avais eu les bonnes références.

J'aime les films d'horreur, et les livres d'horreur aussi. Attention, entendons-nous bien. Je HAIS le gore. S'il y a du sang, ça me dégoûte et je ne peux pas apprécier correctement le film (c'est plus facile en livre, sans pour autant être quelque chose que j'apprécie). J'aime quand tout est psychologique. Que ça nous fout les jetons sans verser une goutte de sang. Qu'on tremble de peur en permanence et en anticipation. Le film Ring (le japonais hein) en est pour moi un parfait exemple.

Et là... J'ai été ultra déçue. Pas le moindre tremblement de peur, un ou deux de dégoût (mais ce n'est pas ce que je recherche dans l'horreur), et la fin n'est franchement pas à la hauteur.

J'ai trouvé les personnages assez caricaturaux et finalement peu approfondis, alors qu'il y avait de quoi faire. Entre Cordelia et Henry, il y avait largement matière. Les perversions d'Henry, la froide distance de Cordelia... Et puis je suis ultra déçue par les parents des Gray. J'ai eu l'impression que le suspense montait et montait lorsqu'il s'agissait d'eux, et on ne les rencontre finalement jamais.

C'est vraiment dommage, car ce roman aurait pu être passionnant.


 

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10 juin 2015

Dôme, tomes 1 et 2 - Stephen King

dome t1

Tome 1 : Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Editions Albin Michel - 630 + 565 pages

Ces deux tomes traînent dans ma PAL depuis... pfiou, 3 ? 4 ans ? Et l'autre jour, en parcourant mes bibliothèques, j'ai eu l'envie irrépressible de les lire. J'y ai tout de suite retrouvé la patte de King, ce que j'aime (la diversité des personnages, même si on retrouve quand même des stéréotypes - les personnages de Dôme étant finalement assez similaires de ceux de Le Fléau / une façon de raconter l'histoire qui est prenante) et ce que je n'aime pas (une hypersexualisation gênante, des personnages très misogynes).

Je les ai lus très vite et j'ai vraiment accroché à l'histoire. Cette petite bourgade est vraiment très représentative des USA, même si je l'aurais plus vue dans le Midwest que dans le Maine. Les rôles pre et post dômes sont très bien attribués et font complètement sens, et l'escalade de la violence est tout à fait compréhensible : sous le dôme, tout est exacerbé. Il suffit de regarder les emissions de télé réalité pour s'apercevoir que ce n'est pas exagéré.

La seule chose que je n'ai pas forcément appréciée, mais qui ne m'a pas dérangée pour autant, est l'explication de l'origine du dôme. Je trouve très bien que nous n'ayons pas plus d'explications que ça, mais autant chez Philip k Dick, la présence d'une entité qui s'amuse de nos vies était bien amenée, autant ici je n'y crois pas vraiment. Je crois d'ailleurs que j'aurais accepté le roman sans aucune explication sur la présence du dôme, avec une arrivée et un départ complètement aléatoire.

Ce qui m'a surprise en revanche, au niveau de l'écriture, c'est que cette fois-ci (c'est loin d'être lepremier King que je lis), j'ai trouvé qu'on avait des indices sur la suite des événements qui manquaient vraiment de subtilité. Je ne compte plus les "il n'aurait plus l'occasion de faire ceci, mais il ne le savait pas" (ou similaire) dans le roman. Ca m'a un peu gâché mon plaisir.

Au final, j'ai vraiment apprécié cette lecture même si mon King préféré reste Simetierre.


 

ABC2015

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22 mai 2015

Ring, l'intégrale - Koji Suzuki

ring

"Ceux qui regardent ces images sont condamnés à mourir dans une semaine..."
Kazayuki Asakawa sait que ces mots qui défilent à l'écran sont vrais. Il sait que les quatre adolescents qui ont regardé cette vidéo avant lui sont morts, même si cela paraît impossible...
Aussi impossible que ce bout de papier que Mitsuo Ando trouve dans le corps de son ami Ryuji, en pratiquant son autopsie. Un papier portant un message énigmatique : "Ring".
Aussi impossible que cette nouvelle forme contagieuse de cancer qui ne frappe que des informaticiens de haut niveau...

Editions Pocket - 1042p.

Le film d'Hideo Nakata fait partie de mon Top 3 de films préférés. C'est exactement le type de films d'horreur que j'aime : pas de sang, tout est psychologique, et c'est absolument terrifiant. La première fois que je l'ai vu, il était 8h du matin, il faisait jour, et pourtant, j'ai eu peur de ma télé pendant une bonne semaine (chez mes parents, il n'y a pas de toilettes à l'étage, et je suis malheureusement sujette aux pipis nocturnes. Le truc, c'est que quand on descend, on a une vue directe sur la télé... Vous pouvez imaginer à quel point j'étais morte de trouille. La descente allait encore, parce que je ne quittais pas l'écran des yeux. La remontée, en revance, la télé dans le dos... J'ai appris à remonter les escaliers très très vite cette semaine-là...).

Je voulais lire le livre depuis un moment déjà, et je l'ai finalement acheté l'été dernier, et entamé vendredi dernier. (1 semaine pour lire 1000 pages, alors que ces derniers mois, je mettais 3 semaines pour en lire 300, je suis contente de voir que je reprends un rythme correct !)

Sur la 4e de couverture, il est indiqué que ce livre (ces 3 livres en fait) entrent dans la catégorie thriller. J'étais déçue, car je voulais frissonner comme je peux le faire à chaque fois que je regarde le film. Si effectivement les 2 premiers entrent dans cette catégorie, je ne dirais pas la même chose pour le 3e.

RING

Les différences avec le film sont nombreuses, mais je ne souhaite pas faire une étude comparée. Nous voici donc dans un thriller somme toute classique, avec une course contre la montre assez efficace ; Asakawa, journaliste, a le flair pour repérer les scoops. Alors quand le hasard le met sur la route de morts mystérieuses (dont celle de sa nièce par alliance), il n'hésite pas. Malheureusement, ce faisant, il met sa vie en danger, et a une semaine pour se sauver.

Le suspense fonctionne bien, l'enquête est intéressante. Mais le défaut principal réside dans les personnages : entre Asakawa qui traite sa femme comme un objet (on se croirait revenu dans les années 50... bonjour le mythe de la femme au foyer esclave de son mari) et Takayama qui prétend violer des femmes parce qu'il s'ennuie, on est gâté. Du coup, si l'enquête est intéressante, on finit quand même par se demander pourquoi ces personnages devraient être épargnés.

C'est bien un thriller, et non de l'épouvante (hélas) et ça nuit un peu au livre. Et toutes les parties un poil scientifiques sont vite indigestes, mais heureusement, dans ce livre, elles sont assez rares.

DOUBLE HELICE

On reprend quasiment l'histoire là où elle s'est arrêtée, mais avec d'autres personnages, pour le coup un peu plus humains. J'ai là aussi trouvé l'enquête intéressante, mais les détails scientifiques indigestes étaient bien trop nombreux cette fois, ce qui fait que j'ai sauté pas mal de passages, de peur de mourir d'ennui.

Néanmoins, l'atmosphère est assez pesante et le livre remplit bien son office.

LA BOUCLE

C'est assez déroutant, après plus de 600 pages passées autour du virus Ring, de ne plus en entendre parler pendant un moment, de ne plus lire ne serait-ce qu'une mention des personnages que l'on a suivis pendant ce temps et de devoir découvrir une "autre" histoire. Le lien revient, mais finalement assez tard, et d'une façon qui me fait dire que ce livre-là, je l'aurais plutôt rangé dans la catégorie SF que véritablement en thriller. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler, mais c'est mon opinion.

Et pour le coup, les détails scientifiques indigestes composent la majeure partie du livre, et j'ai donc trouvé cette troisième partie d'intégrale difficile à lire et sans intérêt. Pour la fin, je dirais "bien joué", mais ça vient beaucoup trop tard et presque comme un cheveu sur la soupe. Dommage.

En attendant, je vais me refaire le film, moi !


ABC2015

 

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13 mai 2015

Partials, tome 1 - Dan Wells

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Un virus. La guerre contre les Partials – ces êtres mi-humains, mi-robots – a décimé la population. Seuls quelques milliers retranchés à Long Island ont survécu. Et le virus mystérieux – le RM – les tue petit à petit. Chaque nouveau-né vit moins d’une journée si ce n’est quelques minutes. La race humaine s’éteint inexorablement et aucun médecin n’a de remède. Un espoir. Dans cette atmosphère désespérée, Kira, jeune interne en médecine, a une nouvelle hypothèse. Pourquoi les Partials sont-ils naturellement immunisés contre le RM ? Et si la solution venait de l’ennemi juré lui-même ? Une héroïne. Kira se lance alors dans une expédition au risque de devenir une hors-la-loi. Infiltrer les Partials, en capturer un et le ramener à long Island pour l’étudier et peut-être, trouver un antidote. Mais le pari est risqué : soit elle réussit et sauve l’humanité, soit elle échoue et sera considérée comme une terroriste par son propre gouvernement. À moins que ce soient les Partials eux-mêmes qui ne la tuent…

Editions France Loisirs - 522p.

A chaque fois, je me fais avoir : je vais dans le rayon YA, je lis les 4e de couv, je suis séduite par le postulat de base et... patatras. Là, c'est moins pire que pour d'autres livres du même genre, mais quand même, il y a une mini déception.

La première grosse différence, c'est que pour une fois, ce n'est pas une narration à la 1e personne. Et ça, ça repose. Et puis, même si c'est une fille, que c'est une ado, elle n'est pas centrée autour de son physique, de son charme (ou absence de charme) comme tant d'autres. Et ça aussi, ça fait du bien. Merci à l'auteur de ne pas décrire un cliché. Malgré tout, l'héroïne (et les autres personnages), manquent de profondeur, de caractère. En gros, il y a 3 personnages dans ce bouquin : les personnages féminins gentils, les personnages masculins gentils, et les méchants. Que des stéréotypes, aucun n'est véritablement différenciable des autres. Alors forcément, ça lasse vite.

Et puis, j'ai identifié ce qui ne me plaît pas : la plupart du temps, je suis plus intéressée par les causes de la situation, par la situation en elle-même que par la résolution. J'aime les univers dystopiques, et justement, j'aimerais lire des histoires de gens qui y vivent, pas forcément des gens qui essayent de le combattre. C'est ce qui m'a plu dans The Giver, c'est que finalement, il n'y a pas de changement de la société. Petit à petit on en découvre un peu plus, sur ce qui est différent entre leur société et la nôtre, sur le fonctionnement, on a le temps de s'y attacher (même si attacher n'est pas le mot), on a le temps de s'imprégner de l'atmosphère, de ce que c'est d'y vivre. Comme dans Meto, ou Nox. Alors que dans les livres comme Divergent, The Hunger Games ou Le Dernier jardin, on est catapulté dans cet univers, et on a pas le temps d'en saisir les clés, l'essence, que déjà il faut le détruire, le renverser (et ce, toujours par des scènes de combat interminables... et comme j'ai horreur des scènes de combat, bataille.... ben ça me soûle);

Et donc pour revenir à Partials, ce défaut est malheureusement présent. Et j'ai envie de dire : fuck that. Dès le début, il y a lutte. Dès le début, il y a conflit. Et bon, j'en ai marre.

Alors oui, ça se lit bien, c'est assez bien écrit, mais ça ne captive pas. J'ai laissé passer un certain temps entre chaque session de lecture et ça ne m'a pas manqué, au contraire : je n'avais pas forcément envie de le reprendre.

Si vous aimez ce genre, je pense qu'il est très bien. Mais ce n'est pas pour moi.


 

ABC2015

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